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Journal de bord d'une voyageuse

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"Fauteuil d'orchestre", critique d'Olivier de Bruyn, Le Point

Dans sa nouvelle comédie, Danièle Thompson confirme son talent tout en finesse et drôlerie, par Olivier de Bruyn, Le Point, le 9 février 2006.

 

 

Catherine ne peut pas se plaindre. Grâce à ses prestations dans un feuilleton cathodique aussi minable que lucratif, son compte en banque affiche une santé resplendissante. Mieux : la comédienne répète une pièce de Feydeau et, bientôt, le triomphe promet d'être au rendez-vous. Catherine (Valérie Lemercier) se plaint quand même... Ras-le-bol de la célébrité, des diktats de son agent, des répliques binaires de son feuilleton télé, des figures imposées du vaudeville. Catherine voudrait incarner des héroïnes à la hauteur de son talent (Simone de Beauvoir, pourquoi pas ?) et enfin être reconnue pour autre chose que sa bobine télévisuelle... Jean-François (Albert Dupontel) ne saurait gémir sur son sort. Pianiste de renom et concertiste adulé, son agenda est rempli à ras bord pour les cinq prochaines années. Mieux : il s'apprête à donner un récital dans une grande salle parisienne. Immense succès en perspective ! Jean-François gémit quand même... Impression tenace de ne plus être à sa place. Aime-t-il encore la musique ? Ses doigts ont-ils perdu leur âme ? Mystère. Jacques (Claude Brasseur) n'a pas le droit de pleurnicher. La vente aux enchères de sa collection d'art va lui rapporter des millions. De quoi envisager l'avenir avec sérénité auprès de sa nouvelle compagne, une jeune beauté qui pourrait être sa (petite) fille. Jacques pleurniche quand même... Qu'a-t-il fait de sa vie ? Mérite-t-il le respect de son fils, lui qui a perdu jusqu'au respect de lui-même ?

 

 

Le rapport entre tous ces personnages ? A priori aucun. Si ce n'est de cohabiter, durant quelques jours, dans les alentours luxueux de l'avenue Montaigne, à deux pas des Champs-Elysées. Et surtout, malgré le luxe et ses apparats, de ne plus supporter d'être empêtrés dans une existence qui ne les satisfait que (très) superficiellement. La jeune Jessica (Cécile de France), Rastignac en jupons engagée à la brasserie du coin, se chargera, bien aidée dans sa tâche par la mécanique du hasard, d'entrecroiser les itinéraires de ces protagonistes fâchés avec eux-mêmes...

 

 

Danièle Thompson n'en finit décidément pas de confirmer son talent ! On connaissait depuis longtemps la scénariste inspirée, aussi à l'aise dans l'écriture de comédies grand public (« La boum » ou les films de son père Gérard Oury) que dans la collaboration avec les auteurs les moins frivoles (Patrice Chéreau pour « La reine Margot » et « Ceux qui m'aiment prendront le train »). Depuis cinq ans et son passage derrière la caméra avec « La bûche », elle ne cesse de démontrer son habileté à mettre en scène des histoires subtiles mitonnées avec un soin et une intelligence rares. Une exception dans le cadre d'un cinéma français populaire trop souvent abandonné aux cyniques et aux faiseurs.

 

 

 Fauteuils d'orchestre », son meilleur film à ce jour, fait figure de réussite majeure dans un genre - la comédie chorale - qui ne supporte pas la médiocrité. Un modèle d'équilibre où la drôlerie et la finesse sont les meilleurs alliés d'une amertume pudique. Fidèle à ses admirations du côté de la comédie de l'âge d'or hollywoodien, Danièle Thompson ne néglige rien ! Le rythme frénétique de l'action, la direction d'acteurs, la qualité des dialogues, les personnages secondaires (exquise prestation de Sydney Pollack, dans le rôle d'un cinéaste américain souhaitant porter à l'écran la vie de Jean-Paul Sartre) : tout s'accorde pour faire de ces « Fauteuils d'orchestre » un des films les plus recommandables de la saison.

 

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P
Une belle distribution, une belle performance pour Albert Dupontel, Cécile de France est très attachante, et Valérie Lemercier en pleine forme un film à voir sans tarder.
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M
Je suis bien d'accord avec toi! Ce film se déguste sans modération! A voir absolument pour ceux qui ne l'ont pas encore vu!
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M
Avec en bonus, l'émotion de revoir Suzanne Flon, à qui le film est dédié.J'ai adoré ce film, que je suis allée voir sans même avoir lu un pitch ! Je n'avais même pas prêté attention à l'affiche qui m rappelle étrangement celle de "Poupées Russes" où Cécile de France nous faisait déjà rire et sourire. Bref, c'est frais, c'est fin, ça se déguste sans modération.
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